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orsque vous remontez la vallée du Boite, à droite, avant de pénétrer dans le hameau de San Vito di Cadore, de petites maisons de bois viennent à votre rencontre. Solidement posées sur une base de pierre, elles parsèment les prés jusqu’au pied du massif de l’Antelao, le roi des Dolomites. Le projet de cette maison tend à récupérer l’âme simple et l’atmosphère sobre des lieux et des gens de la montagne, dans le sillage de la tradition moderne des Gellner et des expériences alpines de Albini, étrangères au style artificiellement rustique, surchargé et néobaroque, qui trop souvent caractérise les demeures des nouveaux vacanciers. La forme et le volume des espaces, la disposition et les dimensions des rares trous qui, perçant la boîte de bois, révèlent le profil des montagnes environnantes ou marquent par des jets de lumière provenant d’en haut le parcours qui monte à l’étage supérieur, dévoilent les traces de la vieille grange, que la réfection des années 60/70 du siècle passé semblait avoir effacées. C’est le cas de l’escalier à trappe qui se faufile dans la fente entre les parois hautes et sombres, «cheminée» éclairée par la source de lumière zénithale, et reste accroché au sol du deuxième étage.
Il semble suspendu, en équilibre précaire, sur les blocs de pierre qui en définissent le point de départ et indiquent la voie de montée, élément rude qui ancre le éléments faibles, provisoires dirait-on, à la base solide de la montagne. L’accès du premier étage depuis l’extérieur est filtré par les pièces de service qui sont concentrées et comme blotties contre le mur aveugle s’appuyant vers le sud sur une autre propriété, pour laisser plus de place au séjour, aux lieux où l’on peut partager tous ensemble la chaleur de la maison. Un seul matériau mouvemente l’espace, dessine les objets et cache les armoires : le bois, planches de sapin brossé et traité par la chaleur, et de mélèze. Des planches posées, superposées, parallèlement, orthogonalement, alternées comme par hasard, comme si elles avaient été déposées par le temps. Le bois est à la fois parquet, paroi, toit : il contient, entoure, protège et garde. Les planches, de différentes dimensions et veines, s’étalent sur la surface du fond avec des saillies et des renfoncements soulignés par la lumière, glissent les unes sur les autres, dissimulent des embrasures cachées et des étagères. Mais elles offrent aussi des surfaces à explorer et à renifler, à toucher pour sentir le traces du rabot : les traces de ceux qui travaillent le bois en en respectant la nature. |
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