L’envie d’amener leur famille sur les lieux de leur propre enfance les a poussés à acheter une maison à Champoluc : un retour au passé plein d’enthousiasme, à la recherche de souvenirs susceptibles de leur faire revivre le passé. Cette maison est la résidence de montagne de personnes habituées à se déplacer souvent pour raisons de travail, citoyens du monde, qui ont voulu retrouver dans cette vallée une partie de leurs racines, comme pour dire «peu importe où, comment et quand, la montagne est notre refuge». Ces monts seront toujours là à les attendre, dans toute leur majesté, certains et solides comme le bois, matériau unique et rassurant, abondamment employé dans la réhabilitation de leur appartement. Celui-ci fait partie d’un grand chalet alpin situé dans la rue centrale de Champoluc, à quelques pas des remontées mécaniques du Crest et face à un bois charmant, et composé de quatre logements d’où le regard embrasse les cimes environnantes.
Le style de vie quotidien «intégral» s’y marie à l’envie de «douceur» du refuge de montagne: télé hypertechnologique tel un écran énorme d’ordinateur de bureau et canapé en cuir très souple, très enveloppant, avec des coussins ornés des drapeaux du Canada et des États Unis. Un fauteuil en cuir capitonné invite au relax après le ski ou après une promenade dans le bois. Le parfum du souvenir des vacances à la montagne n’aurait pas été le même sans la cheminée classique où crépite le bois, qui remplit la pièce non seulement de chaleur mais aussi d’atmosphère et de parfum. La silhouette du canapé sépare la zone du séjour de la salle à manger, où la table carrée en mélèze, grande, moderne, aux lignes nettes, et le grand lustre aux «mille branches» se disputent le rôle du protagoniste. Les huit chaises en cuir couleur chocolat se dressent avec élégance devant un rideau aux nuances écrues et vert mousse, qui illustre des scènes d’animaux de montagne, tout comme le grand tableau qui trône sur la paroi latérale. La cuisine, véritable atelier technologique d’un blanc glacé brillant en okite qui contraste avec les armoires moka suspendues, se cache derrière une paroi de manière à permettre de travailler en toute discrétion.
Le bois utilisé pour la boiserie provient de planches récupérées, jadis exposées au soleil, qui les a brûlées et leur a laissé une patine naturelle dans les tons du gris. Le lit des maîtres de maison a été placé dans l’angle, non pas pour un caprice mais pour qu’ils puissent admirer dès qu’ils se réveillent la beauté du Mont-Rose se dressant dans toute sa majesté derrière les fenêtres. La salle de bains contiguë, revêtue de gros carreaux gris avec des reflets cuivrés, est équipée d’une douche multifonctions avec chromothérapie et hammam en sus de deux lavabos placés sur un meuble fait sur mesure. Il est étonnant de constater que les maisons révèlent la personnalité des gens qui les habitent, qui y vivent: dans celle-ci tout est vraiment haut de gamme : boiserie, meubles, installations, et exprime, en même temps, une élégance et un goût discrets, comme pour rappeler que «l’essentiel ne peut pas être percé par le regard». Étant donné la double hauteur des pièces, une mezzanine a été créée pour bien exploiter l’espace: elle abrite la chambre à coucher des enfants avec une salle de bains et une zone relax ou chambre des hôtes. Une balustrade en cristal transparent semble ajouter à l’idée d’une mezzanine suspendue dans le vide. Les deux fauteuils en cuir naturel qu’on y entrevoit et qui paraissent provenir d’un avion des années cinquante du XXe siècle, offrent une vue d’ensemble d’en haut, du salon. La chaleur du bois, les jeux de marqueterie de la boiserie et l’emboîtement des différentes pièces l’une dans l’autre témoignent, une fois de plus, de l’envie de «cocconing» et du respect pour les matériaux authentiques de la montagne, utilisés avec intelligence et simplicité.