Obsédés par le rythme de notre vie, nous tendons à nous accorder des moments de repos susceptibles de nous offrir une évasion nette de la réalité quotidienne, généralement plongée dans un contexte citadin, et un contact avec le milieu naturel extrêmement intense et direct, presque primordial. L’offre touristique s’est approprié cette tendance et, grâce à des projets architecturaux non conventionnels, elle propose des formes engendrant l’émotion d’un contact unique avec la nature. Parfois ce sont les particuliers qui se font construire des refuges tout à fait singuliers pour leurs moments de vacances et de relax. L’architecture de ces maisons, axée sur la valorisation de certains aspects ou caractéristiques du paysage environnant, en fait non pas des constructions, mais des soustractions ou adjonctions de matière naturelle, telle que terrain ou neige. Ce lien particulier avec le paysage se crée par l’intermédiaire de l’usager, de l’hôte qui se trouve plongé dans la nature grâce à des solutions originales et extrêmes. Une vue par transparence de panoramas uniques et un nid chaud et confortable, voilà des conditions pour vivre ces émotions, dans un igloo sous la neige, dans une grotte ou dans un trou creusé dans le flanc de la montagne. C’est l’idée de vivre des expériences uniques, une vie « extrême », mais dans le confort maximum, comme lorsqu’on éprouve l’émotion d’une escalade par l’intermédiaire d’un film sans ressentir la fatigue, le froid et l’anxiété de ceux qui accomplissent l’exploit. Les architectures qui vous sont ici proposées développent des idées fantaisistes ou joyeuses, avec la décontraction des idées de vacances et de loisirs. De par leur nature, cependant, elles ne sauraient constituer des modèles courants de construction et de transformation du territoire : il s’agit d’épisodes, uniques et ponctuels, condition nécessaire pour un effet éclatant. C’est d’ailleurs cette spécificité, c’est-à-dire le fait que ces formes architecturales soient limitées à des situations particulières, qui les rend acceptables et parfois susceptibles d’exalter, par contraste, ce qui les entoure. À la condition – incontournable – que l’exigence d’étonner et de frapper ne conduisent pas à des outrances au détriment du paysage.