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ous sommes en Vallée d’Aoste, sur la limite des territoires de Saint-Christophe et de Quart, dans un village minuscule que dominait à partir du XVIe siècle un grand bâtiment avec des pièces d’habitation, les étables et une grange. Aujourd’hui l’ensemble est devenu une demeure raffinée et accueillante. Cet édifice, dont la forme évoque celle d’un prisme régulier avec la base renforcée par une escarpe, se dresse à l’orée d’un bois de châtaigniers et de chênes pubescents qui s’arrêtent juste derrière la maison, près de la zone du barbecue. D’après la documentation historique qui est parvenue jusqu’à nous, entre 1500 et 1770 des réfections et adjonctions successives entraînèrent une agrégation progressive des différentes parties du bâtiment de sorte que maintenant on n’arrive plus à les distinguer. L’aspect sous lequel cette maison s’est présentée à nos clients est le résultat de la dernière transformation importante effectuée à la fin du XIXe siècle. L’architecte qui a conçu sa rénovation et sa récupération à usage d’habitation a su capter l’âme de l’espace à travers la masse de la matière et réaliser des atmosphères inattendues, dont le sens renvoie à des poésies faites de nuances naturelles. Il en jaillit des images où l’intervention architecturale, loin d’altérer la structure originaire, la met en valeur. Le toit en est un exemple emblématique ; abandonnant son rôle de simple couverture il est devenu un élément qui donne un cachet particulier à l’ensemble : en effet son originalité a été gardée intacte avec les vieilles poutres qui se suivent et dessinent toute une série de savants entrecroisements dans un mouvement interagissant avec l’intérieur. À l’intérieur la pierre apparente domine et se transforme en une trame qui définit délicatement les espaces de l’habitation, répartis sur plusieurs niveaux : les différents matériaux coexistent et se font face avec des traces simples, mais puissantes. Les solutions adoptées trouvent leur justification dans un remploi fonctionnel de l’existant, qui a été presque entièrement conservé. La simplicité, jamais banale, de la maçonnerie originaire, simplement nettoyée et consolidée, est rehaussée par des solutions aux lignes modernes, avec un résultat final qui conjugue la simplicité et le luxe.
La décoration, en partie expressément conçue, définit l’affectation des zones de cet espace non conventionnel. De vastes baies vitrées ouvertes au nord constituent une solution de continuité entre le living et l’extérieur. La terrasse carrée, presque une cour, se distingue par un pavage de dalles de pierre ; dans la belle saison elle est utilisée dans une sorte de continuité même pour les repas en plein air. Le même matériau est utilisé dans la salle de séjour, entourée d’un cadre surélevé, formé de marches qui soulignent le passage de la zone de jour avec la cheminée à cette autre pièce. La technologie fait son apparition dans un simple appareil métallique, réalisé d’après un dessin particulier, qui permet de régler l’éclairage et la musique dans tout l’étage. L’escalier est une fine plaque de fer cirée rappelant un tissu drapé, qui crée un système léger et raffiné de liaison intérieure entre les différents étages. On accède à la zone de nuit par un couloir sur lequel donnent les portes des chambres et d’une petite zone fitness/bien-être. Ce passage est éclairé naturellement par une fente qu’on a maintenue entre le mur en pierre et le plafond et par les portes en verre acidé, qui introduisent une touche de modernité interagissant avec la structure originaire, par un mariage équilibré de matériaux et une tonalité constante. Dans la chambre des maîtres de maison tout tourne autour du protagoniste absolu : le lit. Une série de panneaux de tissu glissant sur des coulisses séparent la cabine équipée de la pièce principale.
L’harmonieuse association de matériaux précieux a transformé une pièce généralement utilitaire comme la salle de bains en une pièce à vivre où les espaces sont définis d’une manière nette : la grande baignoire à remous est encastrée dans une niche encadrée de pierres apparentes, tandis qu’en face une paroi de cristal délimite la grande douche. Deux lavabos sont posés sur une tablette de terre cuite ; enfin, la zone réservée aux sanitaires est délimitée et séparée par une paroi coulissante en verre acidé.
L’ameublement de style contemporain des différentes zones de toute la maison crée un équilibre harmonieux ; certains meubles, fabriqués d’après un dessin de l’architecte, naissent d’une combinaison de matière et de forme qui présente d’une manière singulière le rapport authenticité/tradition.
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